Coopération

La coopération

A quoi ça sert ?

L’enfant ne doit jamais rester seul face à ses difficultés. Or, lorsque l’enseignant n’est pas disponible, on propose à l’enfant d’aller chercher de l’aide auprès d’autres enfants.

La coopération permet de favoriser l’autonomie des enfants et l’entraide. «On est tous ensemble et chacun est responsable de chacun » ce qui crée un climat plus paisible dans lequel chacun peut aller au plus loin de ce qu’il sait faire. On sort du climat de compétition.

De plus, verbaliser ses savoirs aide à ancrer les apprentissages. En réduisant les sollicitations permanentes, l’enseignant peut alors se concentrer sur un groupe d’enfants et préserver l’attention.

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L'entraide

L’entraide est lié à la compréhension des consignes et à l’aspect matériel. Dès le début de l’année, nous faisons savoir aux enfants qu’ils ne doivent pas rester bloqués sur un exercice à cause d’un problème de consignes ou de notions pour démarrer. Ils ont le droit de demander de l’aide.

 

Le tutorat

Le tutorat pousse l’entraide un peu plus loin en identifiant des experts (histoire, mathématique, dessin, foot ect…). Nous avons mis en place un système d’étiquettes avec les noms, les compétences et les niveaux. Les tuteurs suivent une formation sur 2 jours au cours de laquelle ils apprennent à reformuler, expliquer sans faire à sa place, être bienveillant, être disponible et vérifier que l’enfant aidé ait bien compris. L’objectif est que tous les enfants soient en situation de tuteur.

Chaque enfant peut avoir un référent dans la classe – son “pote”. Par exemple, un CE1 est le pote de 2 ou 3 grandes sections de maternelle. Cette organisation n’est pas mise en place chaque année. C’est selon la constitution des classes. Cela se fait spontanément.

 Pour cadrer l’entraide et le tutorat, nous avons mis en place certaines règles :

 

1.Chuchoter pour ne pas déranger ceux qui travaillent
2.
Ne pas faire “à la place de” mais accompagner avec bienveillance
3.
Aller voir la personne qui est disponible. Pour ce faire, nous avons mis en place des tubes rouge (indisponible) et vert (disponible) sur chaque table que les enfants placent en fonction. (cf photo ci-contre)
4.
Exprimer très précisément son besoin et être disponible à recevoir l’aide de l’autre.

Il est possible de mettre en place des “séances de travail en autonomie” en fin de journée où les enfants choisissent la matière qu’ils souhaitent reprendre. Ils pratiquent ainsi l’entraide.  

Nous avons également mis en place des “anges gardien”. Son rôle est de prendre soin d’une personne sans qu’elle ne le sache.

 

Le projet collectif

Le projet collectif est une mise en pratique de la coopération en groupe autour d’une tâche ou d’un projet : par exemple, un exercice de tri de verbes ou un atelier théâtre. Le but est alors d’unir les compétences de chacun pour réussir le projet ou la tâche. Généralement, les groupes sont faits par niveau. Cependant, il existe plusieurs options pour former des groupes : libre (vous vous mettez avec qui vous voulez), imposé ou au hasard. Les groupes ne dépassent jamais 4 enfants.

 

Processus dans le cas d’une tâche (trier des verbes)
1/ Formation des groupes
2/ Partage de la consigne
3/ Temps individuel de réflexion ou de réalisation de la tâche 

3/ Mise en place d’une proposition collective par petit groupe

4/ Présentation de chaque proposition à la classe 

5/ Discussion collective qui aboutit à la décision finale

6/ Conclusion et Debrief : prendre le temps de se rappeler ce qui a été accompli ensemble et ce que chacun a apporté.

 

Processus dans le cas d’un projet plus conséquent (organiser un goûter du climat)

1/ Formation des groupes

2/ Discussion collective pour cadrer le projet
Quels sujets aborder ? Sous quelle forme : affiches ou  film d’animation ? Quels besoins ? Quel objectif final (une action dans l’école? à la maison?)
3/ Mise en place d’un retroplanning ensemble et définition des rôles de chacun
4/ Répartition des tâches par groupe et par enfant

5/ Débrief du projet et liste des compétences acquises à l’issue du projet

 

Nos conseils

  • Il est important de rappeler régulièrement les règles de l’entraide pour éviter les débordements. Le tuteur peut avoir tendance à “forcer” l’aide et faire “à la place de”.

     

  • L’enseignant.e doit s’assurer du bon déroulement des séances de travail lors des projets collectifs : respect de la parole de chacun, répartition juste des rôles. Certains enfants sont parfois convaincus de détenir la vérité et ne sont pas à l’écoute des autres. L’enseignant.e peut être amené.e à désigner celui qui parle afin d’éviter que ce soit toujours les mêmes qui animent.

     

  • Gérer les baisses de motivation ou d’engagement dans l’activité est un défi. C’est une bonne occasion de parler d’engagement, de préciser qu’on est tous embarqué dans un même bateau. Les enfants développent ainsi le sens de l’effort.

     

  • Nous privilégions des groupes restreints pour éviter les écueils de la place dans le groupe : 2, 3 ou 4 maximum.

     

  • Nous pratiquons systématiquement le débriefing en fin de séance afin de rappeler et célébrer l’apport de chacun.

Nos retours d'expérience

La tâche individuelle est valorisée dans la pratique car l’enfant a besoin de se concentrer, de prendre le temps de s’arrêter et de poser les choses mais l’entraide est toujours présente. Les travaux collectifs sont privilégiés lors de l’apprentissage. En somme, le seul moment où les enfants sont vraiment seuls, c’est lors des évaluations. Et la encore, c’est compliqué car ils veulent s’aider.

Le tuteur est un véritable ancrage pour les enfants, un repère. Les tuteurs se sentent investis d’une mission. L’aspect relationnel est nettement amélioré. C’est d’ailleurs celui qui apprend le plus dans le tutorat.

Il est crucial de s’assurer que chaque enfant soit référent de quelque chose (mathématique, histoire, dessin, jeu de ballon ect). Cela permet de valoriser chaque élève. D’ailleurs, nous affichons dans la classe le “tableau des experts”.
 

Toutes les occasions sont bonnes. La coopération peut être utilisée pour savoir où aller chercher du matériel.