Blog 26.08.2026

Apprentissage salaire : la grille par âge, brut, net et majorations à vérifier

Julie
Apprentissage salaire : grille par âge brut net et majorations à vérifier
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Le salaire en apprentissage se calcule d’abord avec deux repères simples, l’âge de l’apprenti et l’année de contrat. Le montant est exprimé en pourcentage du SMIC, ou du salaire minimum conventionnel si celui-ci est plus favorable. Avant de signer un contrat, il faut donc vérifier la grille légale, la convention collective, le passage d’une tranche d’âge à l’autre et les règles d’exonération qui expliquent pourquoi le net est souvent très proche du brut. Le salaire peut aussi évoluer si le SMIC est revalorisé.

La grille de salaire en apprentissage selon l’âge et l’année de contrat

Le salaire minimum d’un apprenti augmente avec l’âge et avec l’expérience dans le contrat. La base la plus courante est le SMIC mensuel brut, fixé ici à 1 867,02 €. Pour les apprentis de 21 à 25 ans, comparez le pourcentage du SMIC à celui du SMC, c’est-à-dire le salaire minimum conventionnel applicable dans l’entreprise : le montant le plus avantageux doit être retenu.

Comprendre le contrat d’apprentissage et la rémunération exonérée · Fiche officielle pour connaître les règles du contrat d’apprentissage, notamment le salaire de l’apprenti et son exonération de cotisations salariales.

Âge de l’apprenti 1re année 2e année 3e année
16 à 17 ans 27 % du SMIC, soit 504,10 € 39 % du SMIC, soit 728,14 € 55 % du SMIC, soit 1 026,86 €
18 à 20 ans 43 % du SMIC, soit 802,82 € 51 % du SMIC, soit 952,18 € 67 % du SMIC, soit 1 250,90 €
21 à 25 ans 53 % du SMIC, soit 989,52 €, ou du SMC si plus favorable 61 % du SMIC, soit 1 138,88 €, ou du SMC si plus favorable 78 % du SMIC, soit 1 456,28 €, ou du SMC si plus favorable
26 ans et plus 100 % du SMIC, soit 1 867,02 €, ou du SMC si plus favorable 100 % du SMIC, soit 1 867,02 €, ou du SMC si plus favorable 100 % du SMIC, soit 1 867,02 €, ou du SMC si plus favorable

Le bon réflexe : raisonner en année d’exécution, pas seulement en diplôme

Un BTS, une licence ou un master n’ouvre pas, à lui seul, droit à un salaire plus élevé. Le minimum légal dépend d’abord de l’année d’exécution du contrat d’apprentissage. Un apprenti en première année de contrat n’est pas payé comme un apprenti en troisième année, même si le diplôme préparé semble plus avancé. Le niveau de formation peut toutefois jouer indirectement lorsque le contrat s’inscrit dans une succession de contrats ou dans une formation complémentaire.

Brut, net et exonérations : pourquoi le montant reçu peut être proche du brut

Le salaire brut est le montant prévu au contrat avant prélèvements. Le salaire net est celui versé sur le compte bancaire. En apprentissage, l’écart entre les deux est souvent réduit, car la rémunération bénéficie d’exonérations sociales spécifiques. C’est une différence importante avec un contrat salarié classique, où le net est généralement plus éloigné du brut.

Le seuil à surveiller sur la fiche de paie

Les cotisations salariales sont exonérées dans une certaine limite. Les grilles mentionnent notamment le seuil de 79 % du SMIC, et certaines situations font apparaître un prélèvement sur la fraction supérieure au seuil applicable. C’est pourquoi un apprenti payé 504,10 €, 802,82 € ou 1 138,88 € brut peut constater un net quasiment identique, tandis qu’une rémunération plus élevée nécessite une vérification ligne par ligne. Les rubriques CSG-CRDS, cotisations salariales et retraite complémentaire doivent être regardées avec attention.

Pour lire correctement une fiche de paie, vérifiez le brut, les lignes d’exonération, la base retenue et le net à payer. Si la base de calcul diffère du SMIC ou si la convention collective n’apparaît pas, il faut demander une précision à l’employeur. L’IDCC de la convention collective aide souvent à repérer rapidement une erreur.

Impôt sur le revenu : une exonération dans la limite du SMIC annuel

Le salaire de l’apprenti bénéficie aussi d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel, soit environ 22 200 €. Seule la part qui dépasse cette limite est imposable. Si l’apprenti est rattaché au foyer fiscal de ses parents, il faut intégrer cette règle dans la déclaration du foyer. Si ses revenus restent sous le plafond, ils n’augmentent pas le revenu imposable au titre de son salaire d’apprentissage.

Convention collective, SMC et secteur : les cas où le salaire augmente

La grille légale fixe un minimum. Elle ne bloque pas l’employeur, qui peut payer davantage s’il le souhaite ou si un texte l’y oblige. La convention collective applicable dans l’entreprise peut prévoir un salaire minimum conventionnel plus avantageux que le SMIC. Dans ce cas, le calcul se fait sur la base la plus favorable à l’apprenti.

Où vérifier la convention applicable ?

La convention collective apparaît généralement sur le contrat de travail ou sur la fiche de paie, souvent avec un identifiant appelé IDCC. Elle peut aussi être demandée au service RH, à l’employeur, à la chambre consulaire ou au centre de formation. Cette vérification est particulièrement utile à partir de 21 ans, car la grille prévoit explicitement la comparaison entre le SMIC et le SMC lorsque ce dernier est plus favorable.

Le diplôme ne change pas le minimum légal, mais le parcours peut compter

Un apprenti en licence ou en master n’a pas automatiquement un salaire supérieur au seul motif qu’il prépare un diplôme plus élevé. En revanche, si ce contrat suit un précédent contrat d’apprentissage ou s’il correspond à une formation complémentaire, des règles de maintien ou de majoration peuvent s’appliquer. Le bon raisonnement consiste donc à regarder le parcours complet : diplôme déjà obtenu, nouveau contrat, durée du cycle de formation et convention collective.

Changement d’âge, contrat successif, formation complémentaire : les règles qui évitent les erreurs

Les montants de la grille ne restent pas toujours figés pendant toute la durée du contrat. Un anniversaire, une succession de contrats ou une formation complémentaire peut modifier la rémunération minimale. Ces cas particuliers sont fréquents et expliquent de nombreux écarts entre deux apprentis qui préparent pourtant un diplôme similaire.

Passage dans une nouvelle tranche d’âge

Lorsque l’apprenti change de tranche d’âge, la majoration liée à l’âge s’applique à compter du premier jour du mois suivant l’anniversaire. Par exemple, un apprenti qui passe de 20 à 21 ans ne voit pas forcément son salaire augmenter le jour même de son anniversaire, mais au début du mois suivant. Cette règle est essentielle pour contrôler une fiche de paie en milieu d’année de contrat.

Succession de contrats : le maintien de rémunération peut protéger l’apprenti

En cas de contrats d’apprentissage successifs, la rémunération ne repart pas toujours au niveau le plus bas. Sous conditions, l’apprenti peut bénéficier d’un maintien de salaire au moins égal à celui perçu lors du précédent contrat. Cette règle évite qu’un jeune déjà formé et déjà rémunéré à un certain niveau subisse une baisse injustifiée en signant un nouveau contrat avec le même employeur ou, dans certains cas, avec un nouvel employeur.

Formation complémentaire : une majoration possible de 15 points

Une formation complémentaire préparée en 1 an après un diplôme déjà obtenu peut ouvrir droit à une majoration de 15 points sur le pourcentage de rémunération. Cette situation concerne notamment des parcours de spécialisation. Si le contrat est plus court que le cycle de formation, le calcul se fait sur la durée du cycle. On part du pourcentage normalement applicable selon l’âge et l’année de contrat, puis on ajoute la majoration si les conditions sont réunies.

Retraite, comparaison avec la professionnalisation et vérifications avant signature

L’apprentissage ouvre aussi des droits sociaux. Les périodes travaillées peuvent compter pour la retraite, avec validation de trimestres selon les règles applicables. Un repère souvent utilisé est celui de 150 SMIC horaires pour valider un trimestre. Les cotisations retraite, y compris via l’Agirc-Arrco selon les cas, participent à cette construction de droits.

Apprentissage ou contrat de professionnalisation : ne pas confondre les grilles

Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont deux formes d’alternance, mais leurs règles de rémunération ne sont pas identiques. L’apprentissage repose sur une grille liée à l’âge et à l’année d’exécution du contrat. La professionnalisation suit une logique différente, avec d’autres pourcentages et un poids plus marqué du niveau de qualification. Comparer les deux statuts peut être utile avant de choisir une offre, mais il ne faut pas appliquer la mauvaise grille à son contrat.

La checklist simple avant de signer

  • Vérifier l’âge retenu au début du contrat et le prochain changement de tranche.
  • Identifier l’année d’exécution du contrat : 1re, 2e ou 3e année.
  • Comparer le pourcentage du SMIC avec le SMC si la convention collective est plus favorable.
  • Demander l’IDCC ou le nom exact de la convention collective.
  • Contrôler si le contrat suit un autre contrat d’apprentissage.
  • Repérer une éventuelle formation complémentaire avec majoration de 15 points.
  • Comparer le brut prévu au contrat avec le net estimé sur la fiche de paie.
  • Utiliser, si besoin, un simulateur de salaire en alternance ou le simulateur de l’URSSAF pour sécuriser le calcul.

En pratique, le bon salaire d’apprentissage est rarement un chiffre isolé : c’est le résultat d’une grille, d’un âge, d’une année de contrat, d’une convention et parfois d’un parcours antérieur. Si l’un de ces éléments manque, mieux vaut demander une clarification avant signature plutôt que découvrir l’écart au premier bulletin de paie.