Général • 16.08.2026

Études supérieures en anglais : 1328 formations et les points à vérifier avant de postuler

Julie Blanc
Études supérieures en anglais : vérifier TOEFL/IELTS et critères avant de postuler
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Suivre un cursus universitaire en anglais ne veut pas dire partir aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Un étudiant francophone peut choisir une formation enseignée en anglais en France, en Europe ou dans un pays anglophone, du bachelor au master, parfois jusqu’au doctorat. L’enjeu est de comprendre ce que recouvre cette option, puis de vérifier si elle correspond au niveau linguistique, au projet académique et au budget.

Ce que recouvrent vraiment les cursus enseignés en anglais

Dans un cadre universitaire, l’expression française « études supérieures » se traduit le plus souvent par higher education. Selon le contexte, on rencontre aussi further studies, surtout lorsqu’il s’agit de poursuivre après un premier diplôme. Avant de choisir une formation, il faut toutefois regarder le niveau, le diplôme délivré, la langue réelle des cours et la reconnaissance du parcours.

Comprendre les études supérieures en anglais

Formation entièrement ou partiellement en anglais

Une formation « en anglais » peut prendre plusieurs formes. Certains programmes sont entièrement enseignés en anglais, avec les cours magistraux, les travaux dirigés, les examens, le mémoire et les échanges avec l’administration pédagogique. D’autres sont partiellement anglophones, avec quelques modules en anglais au sein d’un cursus majoritairement en français. La différence change nettement le niveau de langue attendu et l’expérience quotidienne de l’étudiant.

Avant de candidater, il faut lire attentivement le programme, le syllabus, les crédits ECTS, les modalités d’évaluation et la langue du stage ou du mémoire. Un intitulé international peut donner confiance, mais seule la fiche détaillée permet de savoir si l’anglais sera une langue d’apprentissage, de spécialisation ou simplement un complément.

Bachelor, master, doctorat : les niveaux concernés

Les cursus en anglais existent dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur : universités, écoles de commerce, écoles d’ingénieurs, instituts spécialisés ou établissements privés. Ils peuvent concerner un bachelor, un master, un parcours doctoral ou une formation professionnalisante. En France, beaucoup de programmes suivent le système LMD, ce qui facilite la lecture des diplômes et des crédits dans un cadre européen.

Le choix du niveau doit rester cohérent avec le parcours. Un bachelor en anglais peut servir à construire une base internationale dès le début des études. Un master en anglais est souvent choisi pour se spécialiser, préparer une carrière à l’étranger ou intégrer un secteur où l’anglais professionnel est courant : management, ingénierie, sciences, relations internationales, data, finance ou design.

Pourquoi choisir l’anglais pour son parcours universitaire

Étudier en anglais donne accès à davantage de ressources académiques, à des cours avec des étudiants internationaux et au vocabulaire technique de son domaine. Ce choix aide aussi à orienter son profil vers la mobilité, les doubles diplômes, les stages internationaux ou les candidatures dans des entreprises ouvertes sur plusieurs marchés.

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Un avantage utile, mais pas automatique, pour l’employabilité

Un diplôme suivi en anglais peut renforcer un CV si le reste du parcours est solide : spécialisation claire, stages pertinents, projets concrets, bonne maîtrise écrite et orale. Il montre aussi une capacité d’adaptation, car suivre un cours, rédiger un mémoire ou présenter un exposé dans une langue étrangère demande de la méthode et de la régularité.

En revanche, l’anglais ne compense pas un programme faible. Mieux vaut un cursus bien reconnu, aligné avec un projet professionnel précis, qu’un programme anglophone choisi seulement pour son intitulé. Les accréditations, la reconnaissance par l’État, les partenariats, les débouchés et la qualité de l’encadrement restent des critères prioritaires.

L’effet d’entraînement à anticiper avant de dire oui

Le choix d’un cursus en anglais peut créer un effet d’entraînement positif, mais exigeant. Les cours poussent à lire plus vite, les lectures spécialisées enrichissent le vocabulaire, ce vocabulaire aide à mieux présenter ses idées, puis les présentations renforcent la confiance en entretien. Le mécanisme fonctionne aussi dans l’autre sens si l’on sous-estime le départ : retard sur les lectures, stress à l’oral, difficulté à participer, isolement dans les travaux de groupe. Pour éviter ce décalage, il est utile de tester son niveau sur un vrai support académique avant la candidature : lire un article de recherche, résumer une vidéo de cours, rédiger une page argumentée et expliquer son projet en anglais pendant cinq minutes.

Où étudier en anglais : France, pays anglophones ou autres destinations

Le choix du pays dépend de trois critères principaux : la qualité du programme, le coût global et le projet de vie. Partir dans un pays anglophone offre une immersion forte, mais demande souvent un budget plus élevé et des démarches administratives précises. Étudier en anglais en France ou dans un autre pays non anglophone peut être un compromis intéressant : formation internationale, environnement multiculturel, coût parfois plus maîtrisable et possibilité d’apprendre une deuxième langue sur place.

La France, une option plus structurée qu’on ne l’imagine

La France est la 4e destination mondiale pour les étudiants internationaux, derrière les USA, le UK et l’Australie. En 2017/18, elle accueillait 343 000 étudiants étrangers, soit +5% par rapport à 2016. Cette attractivité s’explique en partie par la diversité des établissements, mais aussi par le développement de programmes accessibles aux étudiants qui ne maîtrisent pas encore le français.

La loi de 2015 a facilité l’ouverture de formations en anglais dans les universités. Résultat : l’offre s’est étoffée, notamment dans les masters, les sciences, le management, l’ingénierie et les parcours internationaux. Pour un étudiant francophone, cela permet aussi de rester dans un système connu tout en gagnant une exposition académique en anglais.

Comparer avec les destinations anglophones

Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou l’Australie restent des références pour l’immersion. Leur intérêt est évident si l’objectif est de vivre durablement dans un environnement anglophone, de développer un réseau local ou de viser un marché du travail précis. Mais il faut examiner les frais de scolarité, le logement, l’assurance santé, les conditions de visa étudiant et les possibilités de travail pendant ou après les études.

Dans tous les cas, ne comparez pas seulement des pays. Comparez des programmes. Un master très spécialisé en France, enseigné en anglais et relié à un laboratoire ou à une école reconnue, peut être plus pertinent qu’un cursus généraliste très coûteux à l’étranger. Le bon choix relie les compétences actuelles, le budget et les objectifs à trois ou cinq ans.

Trouver une formation fiable et lire les bons signaux

La recherche d’un programme ne doit pas se limiter aux brochures. Les intitulés internationaux sont parfois proches, alors que les contenus, les prérequis et les débouchés diffèrent fortement. Il faut croiser les catalogues officiels, les sites des établissements et, si possible, les retours d’étudiants ou d’alumni.

Le catalogue Taught in English de Campus France

Le catalogue Taught in English de Campus France est une ressource centrale pour repérer des formations en anglais proposées en France. Il recensait 1328 formations en anglais, avec une augmentation de +50% du nombre de programmes depuis 2014. Sa fréquentation montre aussi l’intérêt pour ce type de parcours : 170 000 visiteurs en 2017, soit +25% par rapport à 2015.

Son intérêt est pratique : il permet d’identifier des programmes selon le domaine, le niveau ou l’établissement, puis de revenir vers la page officielle de la formation pour vérifier les détails. Pour éviter les mauvaises surprises, utilisez-le comme point de départ, pas comme unique preuve. La fiche de l’établissement doit confirmer la langue d’enseignement, le diplôme délivré, le calendrier, les frais, les contacts administratifs et les conditions d’admission.

Les critères à vérifier avant de candidater

Avant d’envoyer un dossier, prenez le temps de vérifier plusieurs éléments. Ils évitent de perdre du temps sur une formation séduisante mais mal adaptée au profil.

  • Langue réelle du programme : cours, examens, mémoire, stage et accompagnement administratif.
  • Niveau requis : score TOEFL, IELTS ou autre preuve de niveau, si l’établissement l’exige.
  • Reconnaissance du diplôme : conformité au système LMD, crédits ECTS, reconnaissance par l’État lorsque c’est indiqué.
  • Contenu académique : matières, spécialisation, volume de projets, stage, mémoire ou alternance.
  • Budget total : frais de scolarité, logement, transport, assurance, visa et coût de la vie.
  • Accompagnement : service international, aide au logement, intégration, cours de français éventuels.

Préparer sa candidature sans sous-estimer le budget

Une candidature en anglais demande de l’anticipation. Les établissements peuvent demander des relevés de notes, un CV, une lettre de motivation, des recommandations, une preuve de niveau linguistique et parfois un entretien. Les délais varient selon les pays et les écoles ; il est donc préférable de préparer les documents plusieurs mois avant la rentrée visée.

Construire un dossier cohérent

Le dossier doit raconter une trajectoire lisible. Il ne suffit pas d’écrire que vous voulez « améliorer votre anglais ». Expliquez pourquoi cette langue est utile dans votre domaine, pourquoi le programme choisi correspond à vos acquis, et ce que vous comptez faire après. Une bonne lettre relie trois points : votre parcours, les cours ciblés et votre projet professionnel.

Si votre niveau d’anglais est correct mais pas encore confortable, travaillez d’abord les compétences académiques : prise de notes, lecture rapide, rédaction structurée, présentation orale. Les tests comme le TOEFL ou l’IELTS évaluent une partie de ces compétences, mais la vraie difficulté commence souvent une fois les cours lancés.

Financement, visa et installation

Le budget doit être calculé largement. Les frais de scolarité ne sont qu’une partie de la dépense : logement, transport, repas, matériel, assurance, dépôt de garantie, démarches administratives et vie quotidienne pèsent vite dans l’équation. Selon le pays et le programme, vous pouvez chercher des bourses d’établissement, des aides de mobilité, Erasmus+ pour certains parcours européens ou des bourses d’excellence lorsque le profil s’y prête.

Pour une mobilité hors de votre pays de résidence, vérifiez aussi les conditions de visa étudiant ou de titre de séjour. Les délais administratifs peuvent influencer le calendrier de candidature, surtout si l’admission, le financement et le logement doivent être confirmés avant le départ. Le bon réflexe consiste à construire un tableau simple avec les dates limites, les documents demandés, les coûts estimés et les personnes à contacter. Vous transformez ainsi un projet impressionnant en suite d’étapes maîtrisables.

Choisir un cursus en anglais est une décision stratégique lorsqu’elle s’appuie sur des critères concrets : niveau réel, qualité du diplôme, budget, reconnaissance et cohérence avec le projet. En comparant les programmes et en préparant le dossier avec méthode, vous augmentez vos chances de vivre une expérience académique internationale sans vous laisser guider uniquement par l’attrait de l’anglais.